Peut-on „raciser“ le terrain tunisien ? Les multiples identités noires et leur relative complexité du point de vue historique et anthropologique ”

[Can the Tunisian field be racialized ? Multiple black identities and their relative complexity from an historical and anthropological point of view]

Alors que la population « noire tunisienne » d’aujourd’hui est formée à la fois de descendants d’esclaves et d’immigrés, le discours social actuel, les images discriminantes véhiculées acculant systématiquement ces Tunisiens à une ascendance esclave, non seulement n’opèrent pas de telles distinctions, mais ont fini, du fait de cette racialisation opérée depuis la fin du 19e siècle, à donner lieu à une image dévalorisante pour ces populations de façon globale.
Parallèlement aujourd’hui, de plus en plus de nouveaux immigrés subsahariens investissent l’espace tunisien pour s’y installer plus ou moins définitivement et ce dans des situations de précarité statutaire, juridique et économique assez visibles et importantes.
Or face à cette multitude d’identités, de parcours et d’origine qui caractérise la population « noire » en Tunisie, et au regard de la façon dont dès le 19e siècle, les instances administratives et politiques avaient géré et considéré les différentes catégories sociales noires existantes et des conséquences de telles considérations, il parait important aujourd’hui d’interroger la pertinence de l’usage par les chercheurs en sciences sociales de concepts racialisants, alors même qu’il semble inévitable de recourir à des outils conceptuels permettant d’appréhender ces identités souvent considérées comme « à part ».

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Mohamed Neffati : Agriculture et changement climatique : Changement de paradigmes pour un développement durable des zones arides et désertiques tunisiennes

Mardi, 21 Juin 2022, 18:00-19:30 (temps de Tunis) // 19:00-20:30 (heure avancée d’Europe centrale)

Le secteur agricole, en Tunisie occupe une position avancée dans l’économie nationale et joue un rôle important dans le développement social et régional. En plus des mutations socioéconomiques profondes qui ont visiblement impacté le secteur agricole, les plus grands défis auxquels ce secteur est confronté sont les pénuries d’eau, les sécheresses récurrentes, la dégradation des sols, la perte de ressources génétiques locales et la crise environnementale résultant du changement climatique.

Dans un tel contexte, la conservation de la diversité génétique agricole locale, l’adoption des bonnes pratiques agricoles et le retour aux bonnes habitudes alimentaires constituent les fondements de base d’une agriculture saine et résiliente bien intégrée dans le trinôme « agriculture propre – alimentation de qualité – bonne santé pour tous ».

L’agriculture doit être, en effet, perçue comme étant conforme à la nature. Nous devons, à cet effet, changer les paradigmes vers une relation positive entre les humains, l’environnement, l’écologie et la nature. La transformation préconisée peut être assurée à travers la diversification, l’intensification raisonnée et la conversion des systèmes de production en systèmes biologiques ou écologiques à haute valeur ajoutée. En bref il s’agit d’adopter les techniques agroécologiques et la promotion des produits de terroir.

L’intervention sera présentée en français, mais illustrée en anglais, avec la discussion en français et anglais. Evènement réservé ; participation sur place uniquement sur invitation personnelle.// La conférence aura lieu à la Bibliothèque Al Khaldounia, 67, Souk Al Attarine dans la Médina de Tunis.

Wissem Ajili : Les agences de notation extra-financière : Un acteur incontournable de la finance durable et de l’investissement socialement responsable ?

Mercredi, 15 Juin 2022, 16:00-17:30 (temps de Tunis) // 17:00-18:30 (heure avancée d’Europe centrale)

Au cours des deux dernières décennies, les agences de notation extra-financière se sont imposées comme un acteur majeur de la finance durable notamment dans les pays développés. Dans un cadre d’asymétrie d’information, et sous l’hypothèse d’une rationalité limitée des agents économiques, les agences de notation extra-financière constituent un mécanisme d’incitation incontournable. Ainsi, les parties prenantes : institutions financières, investisseurs, gestionnaires d’actifs, entreprises, actionnaires, et managers sont amenés à divulguer l’information privée et socialement pertinente pour l’identification des acteurs et produits financiers durables et favoriser l’investissement socialement responsable.

Dans les pays en voie de développement comme la Tunisie, l’activité de notation extra-financière demeure marginale voire inexistante. La notation extra-financière pourrait constituer un levier pour la finance durable aussi bien pour les acteurs privés que publics et une opportunité pour se positionner sur un segment promoteur du marché de la production des données extra-financières.

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Andreas Thiel: Challenges of Coordination in Tunisian Soil Governance

[Défis de la coordination dans la gouvernance des sols tunisiens]

Mercredi, 8 Juin 2022, 16:00-18:00 (temps de Tunis) // 17:00-19:00 (heure avancée d’Europe centrale)

Les zones rurales en Tunisie sont confrontées à de multiples défis sociaux et écologiques. La dégradation des sols compromet le développement agricole à moyen et long terme, mais doit être considérée dans le contexte plus large du changement climatique, des mutations sociales et démographiques, mais aussi des défis politiques et administratifs des zones rurales, voire de la contestation nationale de l’État. Dans ce contexte, la conférence d’Andreas Thiel présente un projet récent sur la gouvernance de la protection des sols dans l’agriculture pluviale dans les régions arides de Tunisie, qui a collecté de nombreuses données aux niveaux local, régional et national de la gouvernance.

En partant des perceptions des agriculteurs, il reconstitue les principales défaillances de la coordination verticale et horizontale en matière de protection des sols. Les résultats résonnent avec des observations plus larges sur l’état de la gouvernance agricole et environnementale en Tunisie, caractérisée par le manque d’orientation, de coordination et de mise en œuvre des politiques publiques, le manque de fonds et de vision intégrative pour l’agriculture et les zones rurales en Tunisie. Quelles réponses politiques et de gouvernance pourraient être adéquates en temps d’incertitude et de grandes contraintes budgétaires peut être une discussion à laquelle ces matériaux mènent et qui est d’une pertinence plus large au-delà de la politique des sols de terrain. La dégradation des sols compromet les perspectives des populations rurales, ce qui pose des défis pour l’État tunisien de manière plus générale.

Cet événement a lieu en coopération avec la Fondation Heinrich Böll (HBS), bureau de Tunis. Les conférences se tiendront en anglais avec la discussion en anglais et en français à la salle de conférence de la HBS, 5, Rue Jamel Abdennasser, 1000 Tunis, 3ème étage. En raison du nombre limité de places, veuillez vous inscrire à l’avance auprès d’Emna Fourati (Emna.Fourati@tn.boell.org) jsuqu’au 6 juin 2022, ou suivre en ligne via zoom : https://us06web.zoom.us/j/85040724252 ou sur la page Facebook de la HBS.

Les conférences seront introduites par Fabian Heppe (coordinateur du programme Economie alternative & Migration, HBS, Tunis) et Dr. Steffen Wippel (Centre d’Etudes du Proche et Moyen Orient, Philipps Universität Marburg // Coordinateur, IFG IV, MECAM) et commentées par le Prof. Rachid Ouaissa (Politique du Moyen Orient, Centre d’Etudes du Proche et Moyen Orient, Philipps Universität Marburg // Directeur, MECAM) et Nidhal Attia (Coordinateur du programme Développement durable & Politiques environnementales, HBS, Tunis). Dr. Marouen Taleb (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, Tunis // ERC-TARICA Changements politiques et socio-institutionnels en Afrique du Nord) modérera l’événement.

Lisa M. Sarida Lippert: Navigating Scarcity: The Everyday in Arid Lands

[Naviguer la pénurie : Le quotidien dans les terres arides]

Mercredi, 8 Juin 2022, 16:00-18:00 (temps de Tunis) // 17:00-19:00 (heure avancée d’Europe centrale)

Lisa Lippert part du constat que le réchauffement climatique et la désertification remettent gravement en cause les moyens de subsistance des populations rurales. Cependant, la rareté des ressources naturelles et les formes d’utilisation conflictuelles ne conduisent pas nécessairement à des conflits violents, elles contiennent également une opportunité de coopération environnementale, de valorisation des communautés et de prévention des conflits. Des recherches récentes ont révélé un biais d’échantillonnage concernant l’identification des études de cas dans la littérature sur le changement climatique et les conflits, ce qui conduit à négliger l’option des résultats pacifiques. Afin de comprendre la dynamique présente dans un contexte de changement climatique et de conflit, les chercheurs sont encouragés à s’intéresser davantage aux contextes pacifiques et non violents.

Comment les gens naviguent-ils réellement à travers les défis quotidiens liés aux ressources naturelles et quels rôles sociétaux entrent en jeu ici ? Comment s’adaptent-ils à la dégradation des terres et à la privation écologique au quotidien et quelles conséquences cela peut entraîner pour la paix (locale) et la prévention des conflits ? La réponse à ces questions est d’une grande importance non seulement pour la recherche sur le changement climatique et les communautés rurales, mais aussi pour les futures aides au développement et initiatives d’adaptation. En focalisant sur une étude de cas dans la région au sud du parc national de Bouhedma, la conférence de Lisa présentera les premiers résultats d’une recherche de terrain sur les pratiques quotidiennes des petits exploitants agricoles en matière d’eau et de terre.

Cet événement a lieu en coopération avec la Fondation Heinrich Böll (HBS), bureau de Tunis. Les conférences se tiendront en anglais avec la discussion en anglais et en français à la salle de conférence de la HBS, 5, Rue Jamel Abdennasser, 1000 Tunis, 3ème étage. En raison du nombre limité de places, veuillez vous inscrire à l’avance auprès d’Emna Fourati (Emna.Fourati@tn.boell.org) jsuqu’au 6 juin 2022, ou suivre en ligne via zoom : https://us06web.zoom.us/j/85040724252 ou sur la page Facebook de la HBS.

Les conférences seront introduites par Fabian Heppe (coordinateur du programme Economie alternative & Migration, HBS, Tunis) et Dr. Steffen Wippel (Centre d’Etudes du Proche et Moyen Orient, Philipps Universität Marburg // Coordinateur, IFG IV, MECAM) et commentées par le Prof. Rachid Ouaissa (Politique du Moyen Orient, Centre d’Etudes du Proche et Moyen Orient, Philipps Universität Marburg // Directeur, MECAM) et Nidhal Attia (Coordinateur du programme Développement durable & Politiques environnementales, HBS, Tunis). Dr. Marouen Taleb (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, Tunis // ERC-TARICA Changements politiques et socio-institutionnels en Afrique du Nord) modérera l’événement.

Order, Progress, Development and Identities in Modern Turkey

Vendredi 3 juin 2022, 15:00 – 16:30 (CET / heure de Tunis)

Les deux derniers siècles de la Turquie moderne peuvent être décrits comme l’histoire d’une série de crises d’identité. Depuis l’Empire ottoman, les membres clés de l’élite ont éprouvé un besoin constant de nouveaux ordres en réponse à ces crises. La première de ces crises a coïncidé avec l’âge des révolutions en Europe et s’est concentrée sur les institutions militaires et de l’État central à la fin du XVIIIe siècle. Cependant, on a découvert plus tard que la crise ne se limitait pas à la structure des institutions et à la manière dont elles étaient gouvernées. L’identification des sujets ottomans est devenue une préoccupation centrale, notamment avec les crises grecque et égyptienne. Malgré le système de millet existant, une nouvelle identité devait être évoquée. Pendant la période des Tanzimat, qui signifie littéralement „réorganisation“, l’identité ottomane est devenue une question très contestée parmi les sujets musulmans et non musulmans de l’Empire ottoman. La crise s’est aggravée avec l’émergence du nationalisme turc comme contre-mouvement aux nationalismes naissants dans l’Empire ottoman, sous l’image d’un mouvement „progressiste“. Le comité Union et Progrès s’est autodécrit comme la force motrice pour résoudre la crise de l’État ottoman et a traité ses sujets comme des récepteurs passifs de ses politiques. Dans cet exposé, je vise à souligner les continuités et les ruptures au sein de ces mots opérationnels d’identité, d’ordre et de progrès, non seulement à la fin de l’ère ottomane, mais aussi au cours du premier siècle de la République. Les lignes de faille existantes dans la Turquie contemporaine peuvent être retracées à partir de ces crises et de la manière dont les anciennes solutions à ces crises ont refait surface tout au long du vingtième siècle en Turquie.

La conférence se tiendra au locaux du MECAM, c/o ISEAHT, 27, rue Florian – Borj Zouara (Bab Saadoun), Tunis, ainsi qu’en ligne via zoom.

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Nawel Saadaoui, parcours d’une militante

Nawal El Saadawi naît en 1931 à Kafr Tahla, un village du delta de la basse Égypte au nord du Caire. Elle est la deuxième d’une fratrie qui compte neuf enfants. Sa famille essaie de la marier à 10 ans mais elle résiste. En 1955, elle obtient un diplôme de médecine. Menant de paire réflexion théorique et activité quotidienne, Nawal El Saadawi a été l’une des premières féministes arabes à briser les tabous au sujet des relations entre les sexes, la sexualité des femmes et à dénoncer les différentes formes de répression et de dépendance que l’ordre patriarcal et capitaliste leur fait subir. Ses œuvres lui valent d’être poursuivie et contrainte à plusieurs reprises à l’exil. Féministe, écrivaine et docteure, Nawal El Saadawi partage sa propre histoire. Ses combats pour les droits humains, pour les femmes et les classes populaires marquent le mouvement féministe mondial. Elle décède le 21 mars 2021, à l’âge de 89 ans.

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Max Ajl: Green Transition or People’s Green New Deal?

[La transition verte ou le New Deal vert du peuple ?]

Les discussions conventionnelles sur la transition verte reposent essentiellement sur une transformation institutionnelle technique et légère – une introjection de technologie afin de transformer un système social intensif en CO2. En conséquence, bien qu’il soit courant d’appeler au « développement durable », ces propositions accordent un rôle prépondérant aux grandes entreprises, éludent les dynamiques de pouvoir Sud-Nord, évitent les questions de distribution, suppriment la discussion sur les classes et acceptent le rôle du capitalisme dans la transition verte. Cette communication critique certaines des propositions de « transition verte » dominantes et met en lumière les problématiques Nord-Sud et de classe liées à une telle transition verte, en se concentrant sur le secteur énergétique et les activités extractives associées, le secteur agricole et la dette climatique. Ce faisant, il esquisse les éléments centraux d’une transition verte alternative qui offre une trajectoire plausible pour une convergence du développement mondial basée sur un accès généralisé et garanti aux besoins sociaux fondamentaux.

La conférence se tiendra en anglais dans les locaux du MECAM, c/o ISEAHT, 27, rue Florian – Borj Zouara (Bab Saadoun), Tunis, et en ligne via le zoom le mercredi, 18 Mai 2022, 16:00-17:30 (temps de Tunis) // 17:00-18:30 (heure avancée d’Europe centrale).

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Habib Ayeb : Agriculture paysanne, accès aux ressources et insécurité alimentaire

[Petite agriculture, accès aux ressources et insécurité alimentaire à Tunis]

Lundi, 16 Mai 2022, 16:00-17:30 (temps de Tunis) // 17:00-18:30 (heure avancée d’Europe centrale)

La Tunisie dépend à plus de 50 % de l’étranger pour ses besoins alimentaires, donc particulièrement les céréales. C’est le résultat des politiques agricoles extractivistes et principalement orientées vers l’export mises en place pendant la période coloniale et poursuivies jusqu’à aujourd’hui. Ces politiques sont à l’origine de l’épuisement des ressources naturelles, dont l’eau et la terre, et de la biodiversité. Elles sont aussi à l’origine des divers mécanismes et processus de dépossession de la petite paysannerie, de sa marginalisation et de son appauvrissement qui n’a cessé de s’aggraver depuis très longtemps.

Par ailleurs, les changements climatiques, que nous voyons déjà, auront inévitablement un effet dramatique sur la situation de la paysannerie qui verra sa pauvreté et son insécurité alimentaire s’aggraver. Ainsi, additionnés à la pauvreté paysanne et à l’épuisement des ressources naturelles, les changements climatiques en cours auront pour effet l’aggravation de l’insécurité alimentaire au triple niveau d’échelles ; familial, local et national. Ma communication tentera de montrer les divers liens et dynamiques entre les politiques libérales dominantes, la pauvreté paysanne et l’insécurité/dépendance alimentaire.

La conférence se tiendra en français avec la discussion en anglais et français. Elle aura lieu dans les locaux du MECAM, c/o ISEAHT, 27, rue Florian – Borj Zouara (Bab Saadoun), Tunis, ainsi qu’en ligne via zoom.

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l’IFG IV « Ressources et durabilité »: Série de conférences MECAM Spring Talks, mai / juin 2022

De mars à juin 2022, le quatrième groupe de recherche interdisciplinaire « Ressources et durabilité » (Interdisciplinary Fellow Group / IFG IV) travaille sur les origines et les effets potentiels d’une série de stratégies économiques et sociales qui sont actuellement explorées pour créer un modèle alternatif de développement économique durable en Afrique du Nord. L’IFG étudie comment ces stratégies peuvent conduire à un développement socio-économique positif et aider à relever les défis environnementaux.

Pour les MECAM Spring Talks 2022, les fellows de l’IFG IV ont invité des collègues de renom à donner une conférence publique sur des questions proches de leurs propres recherches dans une perspective plus large, qui sera précédée d’un séminaire non public pour le groupe de fellows. Les conférences seront discutées par les boursiers ou d’autres experts renommés. Toutes les conférences se dérouleront en mode hybride.

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En raison d’un empêchement imprévu, la conférence de la professeure Amirah El-Haddad, « The New Social Contract in North Africa », annoncée dans la série des Spring Talks pour le jeudi, 2 juin 2022, doit malheureusement être annulée et sera reportée au 10 novembre 2022 (comme présentation purement en ligne).

Mémoire et sa médiatisation

Quels sont les possibilités et les défis de la médiatisation de la mémoire ? Quels futurs la mémoire médiatisée peut-elle promettre ? À travers une réflexion sur la mémoire collective et ses limites, ce panel est à la fois une tentative de réponse à ces questions d’un point de vue théorique et artistique, mais aussi une invitation à réfléchir au rôle joué par les médias dans l’éthique de la documentation, de l’oubli et de la re-narration du passé. Ce Winter Talk se tiens en ligne le jeudi, 03 février 2022, 18h30 – 20h00 (heure de Tunis et de l’Europe centrale), via Zoom. Prof. Andrew Hoskins (University of Glasgow) et Mouna Karray interviennent dans ce panel avec Dr. Marianna Liosi (Weißensee Kunsthochschule Berlin / The Free Fine Arts Academy in Rimini) et Dr. Rania Said (University of Massachusetts Boston) entant que discutantes.

Victimisation : Sa construction, contestation et utilisation

L’objectif essentiel de la justice transitionnelle est de reconnaitre les torts subis par les personnes, considérées alors comme des victimes, afin de changer les structures qui les ont permis. Mais la notion de victime n’est pas que juridique, elle est aussi sociale et politique. Les conférences de ce panel discutent de ses significations et de ses usages dans les contextes irlandais et algérien.

Le Winter Talk a lieu en ligne via Zoom (Meeting ID : 843 6768 1179 et Passcode : 540480) le vendredi 28 janvier 2022, de 18h30 à 20h00 (heure de Tunisie et d’Europe centrale) avec la Prof. Marie Breen Smyth (Université du Massachusetts / Université du Surrey) et la Dr Faouzia Zeraoulia (Université de Jijel) comme intervenantes et la Prof. Ratiba Hadj-Moussa (Université de York) comme modératrice.

 

La Tunisie en transition

Après l’insurrection populaire qui a conduit, en 2011 en Tunisie à la chute de Ben Ali, la Tunisie s’est engagée, depuis dix ans, sur la voie d’un processus de transition démocratique. Le pays a connu, chemin durant, le foisonnement d’un climat inédit de liberté, notamment d’expression et de presse, qui n’a pas manqué de valoriser son image à l’échelle internationale en tant que  « pays de la démocratie naissante » et, plus particulièrement dans son environnement régional, comme « berceau » et comme « modèle unique » et « exemple réussi » du printemps arabe. Cependant, en dépit des acquis démocratiques, des ombres demeurent au tableau. Née en 2014, avec l’adoption d’une Constitution de compromis selon un système parlementaire mixte, la démocratie tunisienne traverse aujourd’hui une crise pouvant mettre son existence en péril. La transition politique parait aujourd’hui vacillante, la méfiance envers les partis politiques considérable, et la crise sociale, permanente. Comment se manifeste cette crise ? Quelles perspectives envisager pour en sortir ? Dans le cadre de ce Winter Talk, Madame Kmar Bendana, Monsieur Mohamed-Salah El Omri et Madame Selima Kbaili nous proposent de réfléchir, en effet, sur certains aspects de ce processus transitionnel en Tunisie et les écueils inhérents à son évolution.

Ce Winter talk se déroule le jeudi 20 janvier 2021, 18h30 – 20h00 et est modérer par Prof Sonia Zlitni-Fitouri (Université de Tunis).

Jennifer Howell : La représentation du traumatisme politique

Le traumatisme politique dans les bandes dessinées francophones d’Afrique du Nord. Dans le dernier exposé de la série, Jennifer Howell (Université de l’Illinois) aborde la question de la mémoire et de l’art visuel, qui est un autre thème central de l’IFG, dans le contexte de la bande dessinée algérienne.

Kawthar Ayed : La science-fiction et l’anticipation

L’universitaire Kawthar Ayed, spécialiste de la science-fiction arabe et de la littérature d’anticipation dans le monde arabe, était l’orateur de la deuxième conférence d’été du MECAM. Madame Ayed a fait un exposé fascinant sur la littérature comme un  moyen d’imaginer l’avenir. Comme l’a montré Madame Ayed, les auteurs de science-fiction sont souvent sollicités comme conseillers par les gouvernements occidentaux (par exemple, pour l’élaboration de scénarios de pandémies), alors que dans le monde arabe, de tels liens ne peuvent être établis, bien qu’il existe une tradition florissante d’écriture de science-fiction dans la région.

Rachida Triki : Expérience esthétique et émancipation

Les MECAM « Summer Talks »ont été le premier format créé par l’IFG. Les invités, sélectionnés par le groupe de boursiers, ont été choisis pour approfondir des sujets spécifiques. Autre que les conférences publiques organisées, les intervenants ont été invités à assurer un séminaire dans le cadre du groupe de boursiers. L’historienne de l’art, commissaire d’exposition et philosophe Rachida Triki, de l’Université de Tunis, a lancé la série de conférences avec son exposé intitulé „Expérience esthétique et émancipation“ Abordant ainsi une question centrale de la recherche de l’IFG, qui consiste à souligner la relation entre l’esthétique et la politique sous l’angle des arts visuels,  MadameTriki a souligné le rôle émancipateur de l’art.

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