Dr. Hassan Ould Moctar

   (Ancien maître de conférences au département d’anthropologie et de sociologie de la SOAS, Université de Londres, Royaume-Uni)

Dr. Hassan Ould Moctar est un ancien maître de conférences au département d’anthropologie et de sociologie de la SOAS, Université de Londres. Ses recherches portent sur les relations entre migration, frontières et processus de développement, avec un accent régional sur l’Afrique de l’Ouest et du Nord. Il est l’auteur de « After Border Externalization: Migration, Race, and Labour in Mauritania », disponible en libre accès chez Bloomsbury Publishers. Ses travaux ont également été publiés dans des revues universitaires telles que « Environment and Planning: D », « Geoforum » et « Anthropologie et Développement », ainsi que dans des médias et des publications non universitaires tels qu’Al-Jazeera, le blog de la « New Left Review », « Jadaliyya » et « Statewatch ».

Contact : hassan.ouldmoctar@proton.me

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Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF II « Inégalités & Mobilité »

Description du projet :

Ces dernières années, l’Union européenne (UE) a consacré des ressources sans précédent au contrôle des migrants d’Afrique de l’Ouest en Mauritanie. Au sein de certains segments de la population « maure » du pays, ces efforts ont suscité des craintes de remplacement démographique. Si la politique migratoire extérieure de l’UE est un sujet d’actualité relativement nouveau en Mauritanie, ce n’est pas la première fois que la relation entre la migration et l’identité ethno-raciale fait l’objet d’un débat public. Au début des années 1970, un mouvement clandestin mauritanien, appelé les Kadehine (« les travailleurs » en arabe), a formulé une critique cinglante des discours dominants sur la migration de main-d’œuvre ouest-africaine vers le pays, qui tendaient à présenter la migration noire comme une menace pour l’identité arabo-maure. Du point de vue des Kadehine, ces divisions s’inscrivaient dans une stratégie de la classe dirigeante visant à diviser les travailleurs. S’appuyant sur des entretiens d’histoire orale et des recherches d’archives, ce projet explore la manière dont les Kadehine et les mouvements associés percevaient la relation entre migration et inégalités dans le pays, en se demandant si cette vision recèle des enseignements pour aujourd’hui. Comment, par exemple, la migration était-elle analysée au regard des inégalités de classe, de race et de genre ? Et comment cette analyse s’inscrivait-elle dans la vision stratégique plus large du mouvement pour l’avenir du pays et de la région ? Que peut-on tirer de cette vision, compte tenu de l’attention publique sans précédent qui se concentre aujourd’hui sur la migration en Mauritanie ? En explorant ces questions ce projet considère les Kadehine, ainsi que le mouvement plus large dont ils sont issus, comme une source théorique à part entière.

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