Entangled Histories: The Black movement in Tunisia and the criminalization of racial discrimination through Law 50

Le 9 octobre 2018, l’Assemblée des représentants du peuple en Tunisie a adopté la loi sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (populairement connue sous le nom de Loi 50 ou Loi 50). En commençant par les interviews et la couverture journalistique qui ont suivi l’adoption de la loi et en passant par la couverture de l’application de la loi dans les affaires pénales ou civiles, les histoires enchevêtrées des deux – la loi et le mouvement noir – en Tunisie après 2011 continuent d’être assumées.

Dans cette conférence publique, Mme Parikh retracera les histoires entremêlées du mouvement noir et de l’élaboration et de l’application de la loi 50 jusqu’à aujourd’hui. Elle décrira l’élaboration de la Loi 50 comme un projet qui émerge des conversations dans les organisations antiracistes dirigées par des Tunisiens noirs. Elle présentera ensuite des cas clés qui ont fait usage de la loi 50 et les défis qui restent à relever pour sa mise en œuvre. Parikh terminera par une réflexion sur les implications de cet enchevêtrement dans la pensée et l’écriture de la négritude en Tunisie.

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Les mobilisations des femmes tunisiennes pour l’égalité entre identité nationale et croyances : une révolution inachevée ?

Par Arbia Selmi

Après douze ans de révoltes arabes, la Tunisie traverse une décennie de profondes mutations politiques, économiques et sociales, pour principaux enjeux tel que l’instauration de la démocratie, la justice sociale, la lutte contre l’exclusion et les inégalités de genre. Cependant, malgré des avancées significatives en matière de droits des femmes en Tunisie, les femmes ne peuvent pas hériter à égalité avec les hommes ; un mouvement féministe pour l’égalité dans l’héritage a été créé en 2018 ; regroupant plus de 60 associations féministes laïques, mobilisées contre le mouvement islamique pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il adopte une loi pour l’égalité dans l’héritage proposée en 2018. Par ailleurs, le Parlement tunisien rejette le projet de loi instaurant l’égalité successorale entre les sexes. Cela est dû à la culture sociétale patriarcale, à la religion et à  » l’identité nationale  » qui est définie dans l’article 1 de la Constitution tunisienne du 1er juin 1959 et répétée en 2014. Ce rejet provoque la colère des femmes qui se sont mobilisées pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il adopte ce texte.  Mon projet de recherche répond à la question suivante :  » Comment l’identité nationale et les croyances influencent-elles les droits des femmes tunisiennes ? « .

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Mohamed Ismail Sabry : State-Society Relations and Growth Paths in North Africa

[Relations Etat-Société et trajectoires de croissance en Afrique du Nord]

Mercredi, 1er juin 2022, 14:00-15:30 (temps de Tunis) // 15:00-16:30 (heure avancée d’Europe centrale)

Cette conférence présentera le projet de recherche de Mohamed Ismail Sabry au sein de l’IFG IV du MECAM. Ce projet effectue une analyse comparative des trajectoires de croissance qui se développent à partir des relations Etat-société existantes en Tunisie et au Maroc.

Les relations État-société sont analysées sur la base des relations État-entreprises-travail (state-business-labour relations / SBLR), c.à.d. les relations de pouvoir entre les principaux acteurs du secteur industriel des pays étudiés : l’État, les grands hommes d’affaires (magnats), les propriétaires et les gestionnaires de petites et moyennes entreprises (PME) (entrepreneurs) et les travailleurs. Les SBLR façonnent les politiques, les règlements, les législations et le degré de leur application, ce qui conduit à un profil de politique industrielle unique pour chaque pays. L’accent est mis sur les politiques liées à la concurrence et à la protection sociale, qui constituent des terrains de conflits potentiels entre les acteurs. Les politiques industrielles qui en résultent conduisent ensuite à des trajectoires de croissance différentes. Dans le projet, les trajectoires de croissance sont considérées en termes de grille de niveaux de croissance à long terme, d’égalité et de durabilité environnementale.

La Tunisie et le Maroc ont développé différentes SBLR au cours de la période postcoloniale et ces relations évoluent toujours d’une manière que ce projet de recherche tente d’explorer. Le projet adopte une approche comparative d’études de cas, utilisant principalement des données qualitatives soutenues par une analyse de données statistiques.

La conférence se tiendra en anglais le 1er juin 2022 dans les locaux du MECAM, c/o ISEAHT, 27, rue Florian – Borj Zouara (Bab Saadoun), Tunis, et en ligne via ZOOM. Elle sera commentée en ligne par Dr. Thomas Richter (Institute for Middle East Studies, German Institute for Global and Area Studies (GIGA), Hambourg).

Nadia Mansour : Les banques vertes en Tunisie : Enjeux et défis

Mercredi, 1er Juin 2022, 16:00-17:30 (temps de Tunis) // 17:00-18:30 (heure avancée d’Europe centrale)

Ce travail présente un aperçu sur l’importance de la finance durable pour lutter contre le réchauffement climatique et protéger l’environnement en Tunisie. Dans ce cadre, plusieurs banques internationales ont adopté dernièrement des engagements pour exclure de leurs portefeuilles certains secteurs d’activité jugés polluants tels que l’extraction et l’exploitation du charbon, le forage dans le cercle arctique, l’exploitation du pétrole venant de sable bitumeux, etc. Nos résultats ont montré que les banques tunisiennes essayent de s’impliquer dans ce chemin. Toutefois, ces annonces sont plutôt symboliques, sans apporter des profonds changements dont le système financier et économique a besoin.

« Tragedy of the horizon » est un concept propagé par Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, en 2015. Carney prononçait un discours devant la Lloyd’s de Londres, et le sujet était le changement climatique, un domaine d’intérêt évident et une source de risque financier futur. Ce discours a fait pour la première fois prendre conscience aux acteurs des marchés financiers internationaux des enjeux des risques climatiques.

Aujourd’hui, un investisseur possède trois raisons d’investir d’une façon responsable : premièrement, pour des raisons économiques : les changements climatiques auront un grand  effet sur l’économie ; deuxièmement, pour des raisons financières : les nouvelles réglementations qui limiteront les émissions de gaz auront un impact majeur sur le prix des actifs ; et finalement, pour des raisons morales : nous devons tous travailler pour le bien des générations futures afin de limiter les effets du réchauffement climatique. D’où la problématique suivante : Dans quelles mesures les risques environnementaux sont intégrés dans les décisions financières des banques ?

La conférence se tiendra en français le 1er juin 2022 dans les locaux du MECAM, c/o ISEAHT, 27, rue Florian – Borj Zouara (Bab Saadoun), Tunis, et en ligne via ZOOM. Elle sera commentée par Pr Ezzeddine Zouari (Université de Sousse).

Alexander Martin: A Just Energy Transition for Tunisia

Une transition énergétique juste pour la Tunisie]

Mercredi, 25 Mai 2022, 16:00-17:30 (temps de Tunis) // 17:00-18:30 (heure avancée d’Europe centrale), En cooperation avec la Fondation Friedrich Ebert / Friedrich-Ebert-Stiftung  (FES), Bureau de Tunisie, La Marsa.

En utilisant le concept de justice énergétique et le cadre de la transition juste, cette conférence analyse de manière critique la transition énergétique de la Tunisie. Le passage de la dépendance aux combustibles fossiles à l’énergie produite à partir de sources renouvelables et l’établissement d’une économie verte est un processus difficile mais scientifiquement essentiel que tous les pays doivent entreprendre afin de diminuer l’impact du changement climatique tout en construisant une résilience économique et énergétique. Cependant, si elle est entreprise efficacement, la transition énergétique peut être l’occasion de corriger les injustices et les inégalités nationales et mondiales existantes.

La Tunisie s’est engagée à atteindre des objectifs ambitieux en matière de production d’énergie renouvelable et de réduction des émissions de carbone dans le cadre de ses engagements au titre des contributions déterminées au niveau national (CDN) de la COP26. Cependant, ces objectifs sont principalement motivés par un croisement de facteurs géopolitiques et macroéconomiques : la nécessité d’améliorer la sécurité énergétique de l’État et de réduire les dépenses liées aux importations d’hydrocarbures, alors que la demande énergétique augmente et que la production locale-nationale d’hydrocarbures diminue simultanément.

Malgré le chaos que provoque le changement climatique, si la transition énergétique de la Tunisie prête également attention à la justice sociale et aux opportunités d’emploi, comme la décentralisation de la gestion de l’énergie et la requalification de la main-d’œuvre, elle peut aussi être un moyen pour surmonter des décennies de sous-développement et de marginalisation régionale, en particulier dans les régions productrices de pétrole qui ont le plus grand potentiel solaire photovoltaïque.

La conférence se tiendra en anglais ligne le 25 mai 2022 au bureau de la Fondation Friedrich Ebert (FES), 4/4A, rue Bachar Ibn Bord, à La Marsa et en ligne via ZOOM. Elle sera commentée par Malek Lamine (coordinatrice du programme climat et énergie, Fondation Friedrich Ebert Tunis).

IFG IV Ressources & durabilité:Série de conférences MECAM Spectrum, printemps 2022

De mars à juin 2022, le quatrième groupe de recherche interdisciplinaire « Ressources et durabilité » (Interdisciplinary Fellow Group / IFG IV) travaille sur les origines et les effets potentiels d’une série de stratégies économiques et sociales qui sont actuellement explorées pour créer un modèle alternatif de développement économique durable en Afrique du Nord. L’IFG étudie comment ces stratégies peuvent conduire à un développement socio-économique positif et aider à relever les défis environnementaux.

Dans le cadre de la série de conférences MECAM Spectrum, les cinq boursiers de l’IFG IV, à différents stades de leur carrière de recherche et issus de différentes disciplines des sciences sociales, présentent leurs recherches dans diverses institutions, dans différents contextes et à des publics variés pendant leur présence en Tunisie. Des collègues réputés d’institutions tunisiennes et allemandes discuteront de ces présentations. Toutes les conférences se dérouleront en mode hybride.

Of Friends and Foes: Paths to Salafi Politics

Cet article se penche sur une question inattendue : comment les acteurs salafistes « quiétistes », qui prétendent « ne pas faire de politique », font en réalité de la politique. Le salafisme, un courant islamique sunnite puritain, scripturaire et littéraliste, est l’une des idéologies islamiques les plus importantes de ces soixante-dix dernières années (Bano 2021). Le lien des groupes salafistes avec la politique est sans doute leur principal dilemme : peuvent-ils adhérer aux injonctions de Dieu et accepter un pouvoir politique « séculier » où le dirigeant n’impose pas la loi islamique (stricte) ? Les expressions politiquement « quiétistes » du salafisme ont longtemps été considérées comme une caractéristique essentielle des tendances salafistes. Ces groupes salafistes sont généralement connus pour l’importance qu’ils accordent à l’étude et à l’enseignement de l’islam et à sa purification des « impuretés », ainsi que pour leur manque d’intérêt pour la politique formelle, voire leur rejet traditionnel de toute participation et de tout militantisme politiques formels. La plupart des études sur le salafisme contemporain décrivent généralement la politique des acteurs salafistes en termes de participation à la politique institutionnelle formelle, de formation de partis politiques salafistes et d’engagement dans des politiques litigieuses – des pratiques que les groupes salafistes  » tranquilles  » désavouent explicitement. Cet article tente toutefois de faire progresser la compréhension des pratiques politiques salafistes et, ce faisant, d’élargir et de nuancer les notions de salafisme  » politique  » dans le cadre de la recherche sur la politique islamique. Il le fait en retravaillant de manière critique les interventions sur la politique des frontières (Schmitt, 1996) et l’amitié politique (Friedman, 1989). En s’appuyant sur la littérature salafiste (imprimée et en ligne), sur des entretiens approfondis et sur des données ethnographiques issues d’un travail de terrain approfondi au Maroc et d’un travail de terrain en cours en Algérie et en Tunisie, cet article repense la nature de la politique salafiste en termes de pratiques de traçage de frontières amies/antagonistes au niveau des concepts clés.

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Sisterly Arab States: UGEMA in Tunis

L’UGEMA, l’Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens (1955-1962) a organisé une grève pour le 19 mai 1956, à une époque où le rapport entre les résidents autochtones et les colons européens était de 9:1, mais où le rapport entre les étudiants autochtones et leurs camarades européens était de 1:9. Les organisateurs de la grève de l’UGEMA (eux-mêmes étudiants) ont identifié des lieux alternatifs où les étudiants pourraient poursuivre leurs travaux universitaires et leur développement professionnel. En établissant une section de l’UGEMA dans chaque pays où des étudiants algériens s’inscrivaient, et des bureaux diplomatiques à Alger et au Caire ainsi qu’à Paris, l’UGEMA est devenue une organisation importante, diffuse et diverse dès la première année. Parmi celles-ci, la « Tunisie sœur » a pris de l’importance durant les premières années de l’indépendance de cette nation voisine ; à Tunis, les étudiants algériens ont fait d’une maison traditionnelle de la médina leur résidence et de deux restaurants voisins leurs salles à manger communautaires. Tirée des documents de ces membres qui désignaient Tunis comme  » sororale « , cette présentation suit les débats sur l’utilisation de la lettre  » M  » pour distinguer leur identité, cartographiée à travers les concepts de famille et de féminité qui reliaient les nœuds de solidarité au-delà des frontières des juridictions. Finalement, l’UGEMA a émergé comme l’une des institutions fondatrices pour l’Algérie, lorsque les étudiants-leaders ont pris des responsabilités au sein de la République démocratique populaire, fondant l’analyse maghrébine et l’ouverture aux familles choisies en réponse à l’ouvrage de Suad Joseph « Brother/Sister Relationships : Connectivité, amour et pouvoir dans la reproduction du patriarcat au Liban » (1994).

L’histoire du cinéma nous intéresse dans le sens où elle appréhende une époque, un mouvement, un mode de production comme des réalités variables, en perpétuel changement. Elle a une vocation herméneutique car elle opère à tous les niveaux et interagit avec d’autres disciplines comme la sociologie et l’anthropologie.

Cette conférence a eu lieu en ligne, le 2 septembre 2021, et a été modérée par Alena Strohmaier de l’Université de Marburg.

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IFG II inégalité & mobilité Spectrum Series

La série MECAM Spectrum a fourni un forum aux boursiers de l’IFG II pour diffuser les résultats de leurs recherches et présenter leurs projets de recherche en cours sur « l’inégalité & la mobilité » à l’automne 2021, en mettant leurs travaux en dialogue avec des chercheurs de la Tunisie et d’ailleurs. La plupart des boursiers MECAM de l’IFG II ont présenté leurs recherches en personne dans différentes universités tunisiennes, telles que le Département de géographie et de sociologie de l’Université de Sfax, le Centre d’anthropologie de l’Université de Sousse ou l’Institut d’urbanisme et d’environnement (ISTEUB) à Tunis. Des universitaires des institutions hôtes respectives ont présidé et commenté ces présentations de recherche, fournissant un retour d’information essentiel aux boursiers du MECAM et ouvrant un débat plus large avec les collègues et étudiants présents. Deux des Séries Spectrum ont été organisées en coopération avec des réseaux de recherche internationaux et des universités à l’étranger, et ont donc pris la forme d’événements hybrides, rendant les présentations des boursiers accessibles à un public international via le zoom. L’une des séries Spectrum visait spécifiquement la diffusion des résultats de la recherche au-delà du milieu universitaire, puisque l’un des boursiers du MECAM a présenté sa recherche en cours sur la gouvernance de l’eau au gouvernorat de Siliana, ouvrant une discussion entre le gouvernement local, les participants à l’IFG II et les chercheurs tunisiens invités.

Récits de migrants et pratiques esthétiques dans le cinéma méditerranéen

Sahar El Echi, de l’Université de Carthage et MECAM fellow, a présenté le phénomène de migration qui a soulevé des questions troublant la société ces vingt dernières années et que le cinéma interroge à son tour.  Ce dernier, en tant que moyen d’étude, fournit à l’histoire des migrations un outil de lecture et, par conséquent, montre comment la société traite l’altérité en s’appuyant sur la figure de l’étranger.

Cette recherche interroge les récits de migrants par rapport à leurs représentations filmiques. Nous proposons de saisir le mode d’apparition de ces récits au cinéma par une approche essentiellement narrative et esthétique.

L’histoire du cinéma nous intéresse dans le sens où elle appréhende une époque, un mouvement, un mode de production comme des réalités variables, en perpétuel changement. Elle a une vocation herméneutique car elle opère à tous les niveaux et interagit avec d’autres disciplines comme la sociologie et l’anthropologie.

Cette conférence a eu lieu en ligne, le 2 septembre 2021, et a été modérée par Alena Strohmaier de l’Université de Marburg.

Excavations archivistiques : La guerre d’indépendance algérienne et les séquelles de l’image

Depuis les années 1990, les artistes d’Algérie et d’ailleurs ont commencé à explorer les archives photographiques de la guerre d’indépendance algérienne (1954-62), l’une des guerres de décolonisation les plus importantes. Leurs engagements avec les collections historiques se sont notamment déroulés dans le cadre de conflits politiques permanents concernant le retour des archives relatives à la guerre de la France à l’Algérie.

Selon les archivistes algériens, la France a illégalement retiré 600 tonnes de documents de son ancienne colonie en 1962 ; les Français parlent du « rapatriement » d’un quart du nombre indiqué par leurs homologues algériens. Kataryna Falęcka, de l’Université de Newcastle et MECAM fellow, discuta dans cette conférence une sélection d’œuvres d’art qui nous présentent des façons multidirectionnelles de lire les collections historiques au-delà du discours étatique sur la souveraineté nationale et le patrimoine, proposant effectivement de nouvelles formes de conservation de matériel historique contesté.

Cette conférence a eu lieu en ligne, le 26 août 2021, et a été modérée par Michael Allan de l’Université de l’Oregon.

Les imaginaires environnementaux dans les fictions dystopiques égyptiennes et tunisiennes

Teresa Pepe, de l’université d’Oslo et MECAM Fellow, discute la fiction dystopique, c’est-à-dire la fiction qui offre des visions pessimistes de l’avenir, qui est devenue particulièrement populaire dans la culture arabe. Ces œuvres, qui vont des romans aux films en passant par les séries télévisées, dépeignent souvent des villes arabes détruites par des catastrophes environnementales, ou des sociétés arabes futures dirigées par des gouvernements oppressifs. Ce projet analyse le développement de ce genre dans la culture arabe à l’époque moderne et contemporaine. Il se concentre sur plusieurs œuvres de fiction (romans, films, séries télévisées) écrites par des auteurs égyptiens et tunisiens au cours des XXe et XXIe siècles.

En empruntant des idées à la théorie littéraire globale, il étudie la spécificité du genre en arabe et la manière dont il participe à la circulation globale des fictions du futur proche et de la pensée catastrophique. En outre, en combinant les théories dystopiques et l’éco-critique, il explore les « imaginaires environnementaux » proposés par ces œuvres, en examinant les idées que les auteurs et les lecteurs développent sur le paysage, y compris les perceptions de cet environnement et les hypothèses sur la façon dont il est arrivé dans son état actuel (Davis 2011, 9). Le projet éclaire donc la façon dont les auteurs arabes imaginent l’avenir dans leurs œuvres, et il cherche à savoir si le défi environnemental devient une préoccupation croissante pour les auteurs arabes, dans le cadre d’une longue tradition d’engagement politique (iltizām).

La présentation a eu lieu en ligne, le 7 octobre 2021, et a été modérée par Felix Lang, de l’Université de Marburg et le coordinateur du Interdisciplinary Fellow Group « Esthétique et pratique culturelle ».

Documentations numériques des mouvements de migration

Le projet de recherche d’Angela Rabing, de l’Université de Brême et MECAM fellow, vise à analyser les films documentaires numériques sur les mouvements migratoires actuels, au regard de leurs stratégies esthétiques, pour créer un réalisme filmique.

La migration et les médias numériques sont deux des facteurs dominants des récents changements sociaux, politiques et culturels dans le monde. Cela est particulièrement vrai pour la région MENA et le Maghreb, où LES SAUTEURS (2016) et MIDNIGHT TRAVELER (2019) se sont déroulés. Les deux films ont été tourné sur des appareils numériques tels que les téléphones portables et peuvent être compris comme des contre-images audio-visuelles aux récits d’une  » crise des réfugiés  » ou d’une  » crise de la représentation « .

L’analyse attire l’attention sur deux concepts esthétiques qui sont étroitement liés aux médias numériques et à la migration : l’incertitude et la mobilité. Alors que les médias numériques sont souvent discutés en termes de manipulation et de « fake news », le projet s’interroge sur l’esthétique, les pratiques et les stratégies du réalisme cinématographique qui sont déployées et sur la manière dont les médias numériques soutiennent ou sapent une esthétique du réalisme cinématographique. En outre, l’analyse se concentre sur les liens entre migration et numérisation tels qu’ils sont interconnectés dans les films documentaires discutés, ainsi que sur leurs implications esthétiques et culturelles.

Cette présentation a eu lieu en ligne, le 12 août 2021, et a été modérée par Marie Krämer de l’Institut des études médiatiques et de l’Université de Marburg.

Titre: L’esthétique de la marge : Les communautés d’art vernaculaire au Maroc

Pour ce MECAM Spectrum, Farouk El Maarouf de l’Université Ibn Tofail et en tant que MECAM fellow, a présenté son projet de recherche qui s’écarte de l’histoire culturelle, sociale et politique contemporaine du Maroc pour générer une discussion adéquate sur les significations et les implications de la vision (visualisation) dans le domaine de l’art et de la culture. En abordant les questions de la visualité et de la perception, nous devons poser des questions préliminaires pour savoir qui a le droit de voir. L’œil de qui ? Qui/quoi mérite d’être le sujet/objet du regard ? Qui voit mieux ? Qu’est-ce que cela signifie de voir dans un contexte chargé de troubles et de tensions ?

Tout en considérant l’importance et les manières de voir, cette recherche s’appuie sur les récits des chasseurs de beauté/trésor qui ne se satisfassent pas des manières orthodoxes pour gagner leur vie. En effet, cette recherche situe à juste titre la discussion sur le présent et l’avenir de la circulation de l’art et les différents praticiens défavorisés qui contribuent à la circulation de l’art (à travers les classes, les plis culturels et les boucles sociales).

Comme il est important de se rapprocher des communautés qui y opèrent, cette recherche étudie comment les différents mouvements et flux affectent la perception des locaux (et la perception des locaux par les spectateurs) de la beauté, l’esthétique, le bonheur et l’éthique, qui, en retour, empruntent et résonnent avec les préoccupations populaires (quotidiennes), les craintes et les inspirations futures des communautés vulnérables concernées.

Cette réunion a eu lieu le jeudi 22 juillet 2021, en ligne,  et a été modérée par Banu Karaca, un EUME Fellow de la Fondation Volkswagen et de Forum Transregionale Studien, Berlin.

La bande dessinée au temps des révolutions arabes : Tracer les (hi)stoires visuelles des transformations socio-politiques (2010-2021)

Dr. Rasha Chatta, en tant que MECAM fellow, a présenté son projet portant sur la multiplication des collectifs de bande dessinée locaux et régionaux dans le monde arabe au cours de la dernière décennie. Cela s’est produit à un moment précis où des révolutions et des mouvements sociopolitiques de contestation se déployaient dans la région. Alors que les bandes dessinées publiées reflètent les différentes luttes sur le terrain ainsi que les inspirations et les espoirs suscités par ces soulèvements, Rasha Chatta soutient qu’il existe une relation dialectique entre l’émergence d’une nouvelle scène de la bande dessinée qui est étroitement liée au moment révolutionnaire, qui a précisément permis son émergence.

Cet exposé cartographie les différentes pratiques culturelles et les nouvelles formes esthétiques qui ont émergé dans le sillage des révolutions et les resitue dans les généalogies plus longues des pratiques locales et des mémoires collectives sur lesquelles elles s’appuient. En délimitant les impulsions créatives associées au moment révolutionnaire, elle pose la question suivante : comment les luttes liées aux questions politiques, sociales et de genre sont-elles abordées ? Comment pouvons-nous évaluer de manière critique la réévaluation collective du visuel, tant au niveau local que régional ? Comment l’agence est-elle reconquise collectivement et contre les récits nationaux répressifs ? Quels types d’imaginaires et d’imaginations du futur ces interventions graphiques renégocient-elles ?

Cette réunion a eu lieu le 26 mai 2021, en ligne, et a été modérée par Dr. Prof.  Friederike Pannewick, du département d’études arabes de l’université Philipps Marburg et chercheur principal de l’IFG « Esthétique et pratique culturelle » du MECAM.

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