Dr. Fatma Abdelkaoui

   (Mediterranean School of Business (MSB), South Mediterranean University/Tunisie)

Dr. Fatma Abdelkaoui est titulaire d’un doctorat en sciences économiques de l’IHEC Carthage, d’un master en économie et d’une licence en finance. Elle enseigne à la Mediterranean School of Business (MSB), South Mediterranean University, à Tunis, et a récemment achevé une bourse de recherche au Middle East Centre, St Antony’s College, University of Oxford. Ses recherches portent sur la dynamique macroéconomique, la finance et l’économie islamiques, les cryptomonnaies, l’innovation, le chômage et le lien entre l’économie numérique, les TIC et l’environnement, avec un intérêt croissant pour les inégalités, les marchés du travail et l’intégration économique dans la région MENA.

Contact : abdelkaoui.fatma@gmail.com

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Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF II «Inégalités & Mobilité»

Description du projet :

Ce projet examine comment l’im/mobilité involontaire des jeunes en Tunisie, en Algérie et au Maroc reproduit et transforme les inégalités socio-économiques tout en façonnant leurs visions de l’avenir. Centré sur les périphéries urbaines du Grand Tunis, d’Alger et de Casablanca/Rabat, il s’inscrit dans la thématique du MECAM, « Imaginer des futurs – Gérer les disparités », et dans l’IRF II, « Inégalité et Mobilité ». Dans tout le Maghreb, les jeunes font face à un chômage élevé malgré l’augmentation du niveau d’éducation, à un développement régional inégal et à des marchés du travail segmentés. La migration internationale représente un horizon de dignité et d’indépendance, mais l’externalisation des frontières européennes et les régimes de visas restrictifs rendent la migration régulière largement inaccessible, produisant une « immobilité involontaire » : le désir de partir se heurte à des obstacles structurels.

Le projet soutient que l’im/mobilité involontaire n’est pas seulement une conséquence des inégalités, mais aussi un axe central qui les structure, divisant les jeunes entre ceux qui sont en mesure de mobiliser la mobilité pour progresser et ceux qui sont confinés à des marchés du travail locaux précaires et à des quartiers marginalisés. Trois questions guident l’étude : comment les disparités spatiales et socio-économiques façonnent l’accès à la mobilité ; comment l’im/mobilité reproduit ou transforme les inégalités ; et comment les jeunes confrontés à une mobilité contrainte imaginent et construisent leur avenir.

Sur le plan méthodologique, le projet combine des entretiens semi-directifs et des groupes de discussion avec des jeunes âgés de 18 à 35 ans, des entretiens avec des acteurs institutionnels et de la société civile, ainsi qu’une analyse spatiale des transports, des services et des infrastructures dans des quartiers périphériques sélectionnés dans les trois pays. Sur le plan théorique, il met en dialogue les travaux sur le chômage des jeunes, les régimes migratoires et les injustices urbaines, en mettant l’accent sur l’inégalité temporelle : la manière dont la mobilité bloquée produit une « attente » inégalement répartie et des trajectoires de vie suspendues. Ancré au MECAM à Tunis, le projet donnera lieu à un MECAM Paper, à un article scientifique et à une esquisse de plan d’ouvrage sur les futurs des jeunes et les inégalités dans la région.

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