Boursière du MECAM (2026–2027)
Projet: Entre la place publique et le café : espaces informels, échanges d’informations et politique délibérative des mobilisations contre la pollution dans le sud de la Tunisie
Dr. Fidelia Danielle Renne
(King’s College London, Department of Political Economy, Université d’Oxford, Département de science politique et de développement international)
Dr Fidelia Danielle Renne est chercheuse associée en politique du Moyen-Orient au Département de politique et de relations internationales (DPIR) de l’Université d’Oxford et chargée d’enseignement au King’s College de Londres, où elle enseigne les mouvements sociaux et l’économie politique du Moyen-Orient. Elle a obtenu son doctorat en développement international au Département du développement international d’Oxford (ODID). Ses recherches portent sur les mouvements sociaux, le développement communautaire et les réseaux de la société civile, en accordant une attention particulière à la vie associative, à l’amitié, à la négociation de l’identité et à l’engagement politique dans les pays du Sud. Elle a mené des recherches approfondies au Liban sur la jeunesse de l’après-guerre, la formation de l’identité, l’appropriation de l’espace et la mobilisation. Elle mène actuellement des recherches en Tunisie, en tant que bénéficiaire de la bourse de recherche Hazem Ben-Gacem, sur les mouvements locaux de lutte contre la pollution et les pratiques de résistance locales.

Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF IV « Ressources & Durabilité »
Comment les communautés vivant dans des régions affectées par l’exploitation des ressources imaginent-elles des avenirs alternatifs, gèrent-elles leur diversité interne et résistent-elles à la reproduction des inégalités liées aux industries extractives sous couvert de développement durable ? Si une littérature croissante s’intéresse au militantisme numérique et aux campagnes environnementales, en particulier dans les pays du Nord, on sait beaucoup moins de choses sur les interactions en face à face qui façonnent la crédibilité, la confiance et la participation au sein des localités du Sud.
Ce projet étudie le militantisme environnemental local de longue date à Gabès, en Tunisie, où des agences de développement européennes promeuvent depuis peu la production d’« hydrogène vert », une activité très gourmande en terres et en eau, afin de répondre aux besoins énergétiques de l’Europe. Le mouvement environnemental local conteste l’hydrogène vert et d’autres projets industriels non seulement sur la base de considérations distributives, mais aussi en invoquant des revendications d’autorité et d’appartenance.
Le projet examine la rhétorique du mouvement ainsi que la manière dont les échanges en face à face génèrent de la crédibilité, permettent la circulation de l’information et contribuent à négocier les divisions internes afin de faire émerger une voix collective dans un contexte de contraintes autoritaires. En combinant des méthodes participatives, visuelles et d’enquête, il explore les capacités délibératives et de solidarité d’un militantisme ancré dans le territoire, envisagées comme des processus de résistance interdépendants et qui se renforcent mutuellement.
