Dr. Maya Ben Ayed

  (Chercheuse associée, Centre d’histoire sociale, UMR 8058 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS, France)

Dr. Maya Ben Ayed est chercheuse associée au Centre d’histoire sociale, UMR 8058 Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS, France. Elle est docteure en histoire contemporaine de l’université d’Aix-Marseille et de l’université de Tunis. Ses recherches portent sur le cinéma d’animation, objet largement délaissé par l’histoire sociale et culturelle ainsi que par les études cinématographiques. Depuis 2010, elle s’intéresse aux transformations des rapports entre art, culture et politique dans le monde arabe. Son premier ouvrage, Le cinéma d’animation en Tunisie (1965-1995) : un cinéma de la marge en contexte autoritaire (L’Harmattan, 2019), a analysé comment l’animation est devenue un révélateur des crises politiques et sociales de la Tunisie indépendante. Les premiers résultats de son étude élargie à tout le monde arabe seront publiés prochainement dans Encyclopedia of Animation Studies avec un chapitre intitulé “Syria and Tunisia” (Bloomsbury Publishing).

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Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF I « Esthétique & Pratique Culturelle »

Description du projet :

Ce projet propose une étude approfondie de l’animation tunisienne depuis 2000. Longtemps considéré comme un art mineur de divertissement, le cinéma d’animation occupe en Tunisie une position périphérique qui lui a permis, notamment sous régimes autoritaires, de devenir un lieu d’expérimentation et de dissidence.

À partir du milieu des années 2000, la transformation du paysage médiatique via Internet, les chaînes satellitaires et les réseaux sociaux a reconfiguré ses modes de production et de diffusion, tout en l’inscrivant dans des circulations esthétiques transrégionales. La recherche interroge la manière dont l’animation tunisienne, en tant que pratique esthétique et culturelle de la marge, révèle les transformations sociales et politiques et contribue à la construction de nouveaux récits et d’imaginaires collectifs transrégionaux.

Elle aborde l’animation comme un “objet total”, en croisant l’analyse des films, l’étude des trajectoires d’artistes et l’examen des modes de circulation et de réception des œuvres. Le principal résultat attendu est une monographie sur l’histoire de l’animation tunisienne depuis 2000. Le projet donnera également lieu à une production scientifique sous forme d’articles et de communications. Plus largement, il contribue aux débats sur les rapports entre l’art et le pouvoir dans le monde arabe, les circulations transrégionales et transnationales de savoir-faire, de pratiques esthétiques et idéologiques et à une écriture de la grande histoire au temps présent, par les marges.

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