Boursière du MECAM (2026–2027)
Projet: Formation des élites sahariennes et mobilités étudiantes intra-africaines
Dr. Amalia Dragani
(EHESS/France)
Dr. Amalia Dragani est anthropologue sociale, docteure de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Ses recherches portent sur le Sahara-Sahel et s’appuient sur un travail de terrain approfondi mené auprès des communautés touarègues au Niger, au Mali et en Algérie, ainsi que de leurs diasporas en Afrique et en Europe. Elle étudie la créativité poétique, le patrimoine culturel immatériel, l’inspiration onirique et les élites intellectuelles, artistiques et politiques, ainsi que les questions de genre et les mariages mixtes ; plus récemment, elle travaille sur les conversions de l’islam au christianisme et sur les mobilités étudiantes sahariennes.
Elle a été boursière Marie Skłodowska-Curie au Laboratoire d’anthropologie politique (CNRS–EHESS), avec un détachement à l’Université de Johannesburg (2024–2026), après avoir bénéficié d’une bourse Marie Skłodowska-Curie Global Fellowship (2020–2023) dans le cadre d’un programme associant l’Université de Floride et la KU Leuven. Elle a obtenu des financements de recherche de Sorbonne Université, du Musée du Quai Branly et de l’Africa Multiple Cluster of Excellence (Allemagne). En plus de ses travaux académiques, elle réalise des courts métrages. Elle est actuellement secrétaire générale de l’APAD (Association for the Anthropology of Social Change and Development).
Contact: amalia.dragani@ehess.fr

Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF II « Inégalités & Mobilité »
À l’instar d’autres jeunes Africains, les étudiants sahariens franchissent de plus en plus souvent les frontières pour acquérir des connaissances dans d’autres pays, notamment au Maghreb, afin d’améliorer leurs perspectives professionnelles, d’acquérir des compétences internationales et de maîtriser des langues étrangères, contribuant ainsi à accroître le nombre de professionnels sahariens hautement qualifiés.
Les populations nomades sahariennes ont historiquement été confrontées à un accès difficile à l’éducation et à des taux d’abandon élevés à tous les niveaux d’enseignement, en grande partie en raison des conflits, du manque d’infrastructures et de leur vulnérabilité économique par rapport aux régions urbaines du Sahara-Sahel.
Le projet MECAM porte sur les mobilités étudiantes intra-africaines et s’intéresse tout particulièrement aux histoires méconnues des diplômés sahariens en Tunisie. Il vise à remettre en question le discours courant présentant le Sahara comme une région isolée et déconnectée du reste du monde, dans la lignée du « tournant de la mobilité » en anthropologie. Bien que de nombreuses recherches aient récemment été menées sur les mobilités sahariennes, les mobilités étudiantes ont fait l’objet d’une attention comparativement limitée.
Mon projet vise à combler cette lacune et à répondre aux questions suivantes : Quel rôle les professionnels sahariens formés dans des universités internationales jouent-ils au sein de leurs sociétés d’origine, compte tenu des attentes parfois contradictoires des communautés locales, des élites traditionnelles, des institutions, des gouvernements, des entreprises et des acteurs étrangers (par exemple, les ONG et les forces militaires) ? Comment les élites sahariennes diplômées définissent-elles des objectifs et développent-elles des actions stratégiques visant à répondre à ces attentes lorsqu’elles vivent au sein des diasporas dans les pays du Nord ?
