Boursière du MECAM (2026–2027)
Projet: Performer le Pouvoir : Masculinité Hégémonique et Ses Contestations dans la Fiction Tunisienne et Algérienne Contemporaine
Dr. Amany Alsiefy
(Researcher, Berlin/Allemagne)
Dr. Amany Alsiefy est titulaire d’un doctorat en études littéraires et culturelles de Freie Universität Berlin (2022). Elle a enseigné au ZTG (Université Humboldt de Berlin) en tant que professeure adjointe (2024–2026), recevant à deux reprises le prix Circle U Coil en collaboration avec l’Université d’Oslo. Elle exerce également les fonctions de rédactrice de section pour la revue Open Cultural Studies (De Gruyter Brill). Ses recherches portent sur la représentation du corps dans la littérature et la culture postcoloniales, avec un accent sur le genre, la masculinité, la sécularisation et la mode. Elle est l’autrice de Modern Egyptian Women, Fashion, and Faith (Palgrave, 2023 ; édition allemande, Springer, 2026) et co-éditrice de la publication à venir de Matrilineal Family Saga Beyond Western Modernity (Leiden University Press, 2026).
Contact : amany.abdelrazek@hu-berlin.de

Domaine de recherche interdisciplinaire (IRF): IRF I « Esthétique et pratiques culturelles »
Ce projet mène une analyse socio-culturelle de textes littéraires, examinant comment les masculinités sont reconfigurées dans la fiction tunisienne et algérienne contemporaine sous l’effet de l’autorité étatique et de la précarité socio-économique. Il explore comment les figures masculines incarnent, négocient et contestent le pouvoir à travers des contextes institutionnels et marginalisés—des policiers, inspecteurs et parlementaires aux jeunes hommes adoptant des « masculinités de protestation » dans un contexte de mobilité bloquée. Les personnages féminins—épouses, sœurs, amantes, et femmes exerçant l’autorité en tant qu’avocates ou politiciennes—complexifient davantage ces dynamiques, révélant leur constitution mutuelle.
Le corpus porte sur Nisāʾ al-Bāṣatīn (Les Femmes d’al-Bāṣatīn) (2010) de Habib Selmi et Nihāyat al-Ṣaḥrāʾ (La Fin du Sahara) (2022) de Said Khatibi, deux œuvres situées avant le soulèvement tunisien de 2011 et les émeutes algériennes de 1988. À travers les représentations de jeunes sans emploi, de représentants de l’État et de femmes engagées dans la vie politique, l’analyse explore les tensions entre l’autorité de l’État, le pouvoir juridique, la résistance et les contraintes sociales.
Le cadre théorique combine le « sujet impliqué » (implicated subject) de Michael Rothberg avec les masculinités hégémoniques et de protestation de R.W. Connell et J.W. Messerschmidt, offrant une perspective décoloniale qui remet en question les modèles eurocentriques en mettant en avant les configurations maghrébines du genre et de l’autorité. Sur le plan méthodologique, la lecture attentive et la contextualisation socio-culturelle analysent les techniques narratives—focalisation, poétique spatiale et sémiotique corporelle—comme médiateurs du genre et du pouvoir étatique, montrant que les textes littéraires théorisent activement leurs fondements genrés et sociaux.
