Sahar El Echi

(PhD candidate, Ecole supérieure de l’audiovisuel et du cinema (ESAC), Tunis)

Sahar El Echi (1992) vit et travaille en Tunisie. Artiste visuelle, cinéaste et chercheuse, Sahar El Echi est née à Tunis où elle a poursuivi des études en design graphique. Elle a obtenu sa licence en design graphique en 2014, et son diplôme de master en design visuel en 2017 à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis (ISABT). Actuellement, elle travaille sur son projet de doctorat en études cinématographiques à l’école supérieure de l’audiovisuel et du cinéma (ESAC) sur les récits d’exil dans le cinéma méditerranéen (2000-2020). Les recherches de Sahar El Echi se situent à l’intersection des études cinématographiques et des sciences sociales. Elle a réalisé deux courts métrages, Mutation (2016) et Entre-Deux (2018), qui ont été sélectionnés dans de nombreux festivals internationaux et nationaux, ainsi que des essais vidéo. Elle fait appel à différents médiums, notamment le cinéma, la photographie et l’art vidéo. Elle expose également ses œuvres dans de nombreuses galeries d’art. Sahar El Echi a été sélectionnée dans différents programmes internationaux : The Documentary Film Methods pour les professeurs de cinéma à la Danish Film School de Copenhague (2019), The Beirut – Locarno Industry Academy International, Beirut Talents dans le cadre de la Berlinale Talents entre autres.

Projet Esthétique et Pratique Culturelle 

Récits de migrants et pratiques esthétiques dans le cinéma méditerranéen

Depuis une vingtaine d’années, le phénomène des migrations soulève des questions qui troublent la société et que le cinéma interroge à son tour. Ce dernier, en tant que moyen d’étude, fournit à l’histoire des exilés un outil de lecture et, par conséquent, montre comment la société traite l’altérité en s’appuyant sur la figure de l’étranger. Par exilés, nous entendons : les immigrés, les déportés, les expatriés, les clandestins et les sans-papiers. D’un point de vue sociologique, l’exil est envisagé à partir de la place qu’il occupe dans les différents dispositifs ; administratifs et juridiques. L’exil est en effet considéré comme un sujet, sur un mode passif, et non comme un agent actif. Cependant, la nature identitaire d’un groupe n’est pas déterminée uniquement par le rapport défini par les institutions de classification sociale. Elle se définit aussi dans les relations intersubjectives et plus largement par sa place respective dans le spectre des idéologies et des représentations. Cette recherche interroge les récits d’exil en relation avec leurs représentations cinématographiques. Nous proposons de saisir le mode d’apparition de ces récits au cinéma par une approche essentiellement narrative. L’histoire du cinéma nous intéresse dans le sens où elle appréhende une époque, un mouvement, un mode de production comme des réalités variables, en perpétuel changement. Elle a une vocation herméneutique car elle opère à tous les niveaux et interagit avec d’autres disciplines comme la sociologie et l’anthropologie.

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