Dr. Arbia Selmi

(Chercheuse postdoctoral, Dynamique et expériences de la mondialisation, Centre Marc Bloch, Berlin, Allemagne)

Arbia Selmi est une sociologue du travail et du genre. Sa thèse en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris porte sur la mobilisation des femmes syndicalistes pour l’accès aux postes de pouvoir au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Depuis mars 2022, Arbia Selmi est membre du cadre de l’IFG : Identités et croyances dans le cadre d’une bourse postdoctorale avec le centre Merian d’études avancées MECAM à Tunis. Arbia Selmi est membre de l’axe « Genre, classe, race » du Centre Maurice Halbwachs à Paris, et depuis octobre 2019, membre associé du Centre Marc Bloch à Berlin, sur l’axe  » Dynamiques et expériences de la mondialisation « . Ses recherches se situent à l’intersection de trois champs d’analyse : sociologie politique (mobilisations collectives) ; sociologie du genre ; sociologie des organisations. Selmi est une experte en études de genre et s’est spécialisée dans les questions de genre et de syndicats. Elle est une militante féministe engagée dans des associations luttant pour l’égalité des sexes et contre les violences faites aux femmes en Tunisie.

Projet Identités et Croyances 

Projet: Les mobilisations des femmes tunisiennes pour l'égalité : Identité, croyances et révolution inachevée ?

Suite aux révoltes arabes de 2011, la Tunisie a connu une décennie de profonds changements politiques, économiques et sociaux, avec pour principaux défis l’instauration de la démocratie, de la justice sociale et l’expansion de l’égalité des sexes. Cependant, malgré des avancées significatives en matière de droits des femmes en Tunisie, celles-ci ne peuvent toujours pas hériter à égalité avec les hommes. Un mouvement féministe pour l’égalité dans l’héritage a donc été créé en 2018, parrainé par plus de 60 associations féministes laïques et unies contre le mouvement islamique, qui a cherché à faire pression sur le gouvernement pour qu’il adopte une loi sur l’égalité dans l’héritage. Cependant, le Parlement tunisien a finalement rejeté le projet de loi établissant l’égalité successorale entre les sexes. Cela était dû à la culture sociétale patriarcale, à la religion et à « l’identité nationale » définie dans l’article 1 de la Constitution tunisienne de 1958 et réaffirmée plus tard par la Constitution de 2014 : déclarer l’islam comme religion de la Tunisie. Ce rejet a provoqué la colère des femmes qui se sont mobilisées pour l’adoption de cette loi. Mon projet de recherche aborde la question suivante : Comment l’identité et les croyances nationales influencent-elles les droits des femmes tunisiennes ?
Basé sur une recherche qualitative et l’analyse des archives d’associations féministes, ce mémoire cherche à comprendre l’influence de l’identité nationale, des croyances, de la culture sociétale et du droit dans la création d’inégalités pour les femmes. Au-delà de la question du droit de succession, je m’interroge sur les conditions qui permettraient d’établir une égalité réelle dans tous les domaines dans la Tunisie post-révolutionnaire.

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