Prof. Ratiba, Hadj-Moussa

(York University / Canada)

Ratiba Hadj-Moussa est professeur titulaire au département de sociologie de l’université York (Toronto) dans les domaines de la sociologie culturelle et politique. Ses travaux regroupent quatre grands domaines : Islam et laïcité dans les sociétés occidentales, Cinéma/art/médias, mémoire et histoire, et expressions radicales/populaires au Maghreb, qui sont tous informés par des axes multidimensionnels incluant le genre, la politique, et les discours et pratiques minoritaires. Elle possède une vaste expérience de la recherche et a participé à une variété de projets de recherche au niveau national et international. Ses projets de recherche ont été financés par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et elle a également contribué aux comités de rédaction de plusieurs revues nationales et internationales. Elle a reçu des prix nationaux et universitaires, notamment le prix l’AQEC/Olivieri pour son livre sur le cinéma algérien, et la mention honorable pour le Dean’s Award for Distinction in Research 2020-21 dans la catégorie Established Researcher (Université York). Auparavant, Mme Hadj-Moussa a été professeur invité à Paris III Sorbonne nouvelle, Paris (France), à l’Université de Gandia/Valence (Espagne), à l’Université de Constance (Allemagne), et a obtenu une bourse et une subvention de l’IFK-Internationales Forschungszentrum Kulturwissenschaften | Kunstuniversität Linz à Vienne (Autriche). Elle est co-fondatrice et coordinatrice du GT4, Monde arabe en mouvement, à l’Association internationale des sociologies de langue française.

Projet Mémoire et Justice

Projet : Public Memory: Reckoning with the Margins

Ce projet étudie les processus de justice transitionnelle et de réconciliation en Tunisie et en Algérie, avec un accent particulier sur les processus de réconciliation et de souvenir dans l’élaboration de la mémoire publique. En travaillant à partir des deux expériences nationales, je me demande comment la justice transitionnelle et la réconciliation en tant qu’instrument politique illustrent leurs cultures politiques respectives, leurs mémoires et espaces publics, et la manière dont les mémoires en tant que pratiques rendent intelligible le présent vécu. Malgré les différences dans la façon dont la réconciliation a été conçue dans chaque pays, l’Algérie mettant l’accent sur l’oubli et la Tunisie sur la mémoire, les deux expériences impliquent des enjeux qui vont au-delà des questions juridiques et impliquent des impératifs issus d’autres ordres, politiques ou mémoriels. La mémoire publique résulte de conflits d’interprétation, dans lesquels les « sites de mémoire » ne marquent qu’un accord historique limité. Se tourner vers la mémoire publique permet d’analyser les mécanismes qui permettent à une mémoire donnée de naître et d’être mise au travail, et finalement de montrer la dynamique de la mémoire alternative dans la recherche de la justice et sa contribution à la redéfinition des sphères publiques et politiques nationales.

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