Dr. Rania, Said

  (UMASS Boston / USA)

Rania Said est chargée de recherche postdoctorale à l’Université du Massachusetts à Boston. Elle a obtenu son doctorat en littérature comparée à l’Université d’État de New York à Binghamton et son agrégation d’anglais à l’École normale supérieure de Tunis. Son projet de livre étudie les témoignages de femmes sur les soulèvements arabes en Tunisie, en Égypte et en Syrie, avec un accent particulier sur la ville en rébellion. Ses recherches portent sur les études de la mémoire, les études autobiographiques et les études littéraires urbaines en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Son projet de recherche au sein du MECAM porte sur la résistance transgénérationnelle dans les témoignages des familles politiques tunisiennes.

Projet Mémoire et Justice

Pères, filles et résistance transgénérationnelle : L'écriture testimoniale des familles politiques tunisiennes après 2011

Ce projet de recherche étudie la production de résistance transgénérationnelle et de mémoire collective dans les récits testimoniaux de familles tunisiennes dissidentes. Plus particulièrement, elle se penche sur Je Prendrai les armes s’il le faut…Tunisie : mon combat pour la liberté (2013) un témoignage de l’avocate tunisienne et cofondatrice de Dostourna, Dalila Ben Mbarek Msaddek, et Naẓẓārāt ʾUmmī (2018), un récit de prison de son père Ezzedine Hazgui. Entre le récit carcéral du père qui a été persécuté sous Bourguiba pour avoir fait partie du collectif communiste  » Perspectives  » et le témoignage de la fille devenue une militante libérale de premier plan lors du soulèvement contre Ben Ali se trouve une histoire inédite de dialogue transgénérationnel. Ce projet de recherche se propose de définir les principales caractéristiques de ce dialogue en comparant les pratiques politiques du père à celles de la fille. Je me demande si l’évaluation faite par Fadi Bardawil des intellectuels de gauche du Mashriqi après 1967 s’applique également à la Tunisie ; c’est-à-dire que le « discours libéral transnational des droits de l’homme » a pris le dessus sur le discours de la libération nationale radicale ? Pour répondre à cette question, j’analyserai l’autocritique cinglante et l’autosatire qui caractérisent le récit de Hazgui en prison, ainsi que la critique ouverte de la « vieille gauche » faite par sa fille. Je soutiens que le dialogue entre ces deux textes est important à découvrir pour deux raisons principales. Premièrement, ce dialogue produit une contre-mémoire des récits officiels de la Tunisie contemporaine, et deuxièmement, il met en lumière les traumatismes transgénérationnels des familles politiques tunisiennes.

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